TILL NEXT TIME DIARY
"J'ai peur de rechercher la poésie. La poésie est une flèche tirée : si j'ai bien visé, ce qui compte-que je veux-n'est ni la flèche ni le but,
mais le moment où la flèche se perd, se dissout dans l'air de la nuit : jusqu'à la mémoire de la flèche est perdue."
(George Bataille - Le coupable)
Le temps intime de la confrontation qui se nourrit des détours tout en bandant pour une belle ligne droite, courte, et ambitieuse.
Comme un Journal à l'envers, sans chronologie appliquée pour ne pas dévoiler les buts, mais plutôt ce qui reste après qu'on a tout nettoyé...
Le temps impalpable quand on a pas les documents. Le temps concret, hors des nouveaux espaces virtuels hypertechnologiques. Celui qui fait défaut.
L'autre temps, aussi, pour se rassurer. Le temps des autres. Qui tourne en rond sans jamais voir sa fin. Avec encore la peur du vide et de la solitude.
Le goût amer du passé dont on s'est libéré, faiblement nostalgique.
Les photographies ouvrent l'espace et s'agrippent aux autres, à leur vie, leur gestes, leurs racines, leurs mémoires. Du temps je garde les notes intimes. Au passé, au présent, au futur, je m'en fous. Ouvert à tout, inexistant en soi, mais fort de mes liens, et de sa poésie.